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Opinion

Marine Le Pen: entre condamnation judiciaire et manipulation politique, l’État de droit en péril

Un détournement de fonds publics estimé à 2,9 millions d’euros

Ce lundi 31 mars, la sentence est tombée pour Marine Le Pen, figure du Rassemblement
National, le parti français d’extrême droite : une amende de 100 000 euros, une peine de
quatre ans de prison, dont deux fermes sous bracelet électronique, assortie de cinq ans
d’inéligibilité.
Cette condamnation, décisive pour les prochaines élections présidentielles de 2027 fait
suite à l’affaire des assistants parlementaires européens dans laquelle il a été établi que
les accusés avaient détourné des fonds publics en rémunérant des assistants
parlementaires pour des missions qui auraient en réalité servi les intérêts du parti plutôt
que le travail législatif européen.
Huit autres eurodéputés du RN ont été reconnus coupables de détournement de fonds
publics, et douze assistants parlementaires ont été condamnés pour recel de
détournement de fonds publics.
Un préjudice total qui s’élève à 2,9 millions d’euros, selon la justice française.

Un intérêt personnel au-dessus de la justice

Dès sa condamnation, la cheffe de file du parti a nié toute culpabilité, pourtant établie par
la justice française. Réagissant avec virulence, Marine le Pen et d’autres figures du parti
d’extrême droite, ont dénoncé une justice partiale et politisée, en se présentant comme
victimes d’un système qui chercherait à écarter de l’ex-candidate à la présidentielle de la
course à l’Élysée. En insinuant que la justice française serait instrumentalisée à des fins
politiques, Marine Le Pen ne cherche qu’à servir son propre intérêt : esquiver sa
responsabilité et maintenir sa place sur l’échiquier politique. Son argument : les douze
millions d’électeurs de son parti aux élections legislatives, le plaçant comme principale
force politique.
Ainsi, loin d’assumer ses responsabilités, la figure du Rassemblement National et ses
partisans se livrent à une campagne de délégitimation de la justice française. Dans cette
offensive, elle n’hésite pas à cibler personnellement les magistrats, les accusant d’être
complices d’un « système corrompu ». Ces derniers, de leur côté, rappellent que les
preuves et les faits établis par l’enquête sont solides et fondés sur des éléments concrets,
indépendamment de toute pression politique. La leader du RN emprunte alors une
stratégie dangereuse qui fragilise la confiance des citoyens dans les institutions et mine
les fondements de notre démocratie. En effet, il est utile de rappeler que nul n’est audessus des lois. La justice ne peut pas être un outil à géométrie variable, et toute remise
en cause systématique des décisions judiciaires par des responsables politiques affaiblit
dangereusement le contrat social. Si Marine Le Pen prétend défendre les Français et
restaurer l’autorité de l’État, elle devrait commencer par respecter l’autorité judiciaire.

Des soutiens nombreux et un climat de défiance

Malgré sa condamnation, Marine Le Pen a reçu de nombreux soutiens au sein de son
parti, mais aussi au-delà, à l’international. Jordan Bardella, président du Rassemblement
National, a fustigé une “justice instrumentalisée”, tandis que d’autres figures de la droite
et de l’extrême droite ont également exprimé leur solidarité. Même son électorat semble
derrière elle, et semble voir dans cette condamnation une preuve que Marine Le Pen
dérange les « puissants ».
Sur la scène internationale, plusieurs figures d’extrême droite ont également pris sa
défense. Matteo Salvini, vice-premier ministre italien et leader du parti Lega per Salvini
Premier en Italie, a déclaré : « Ceux qui craignent le jugement des électeurs cherchent
souvent à se rassurer par celui des tribunaux. » En Hongrie, Viktor Orbán a exprimé son
soutien à Marine Le Pen en qualifiant son procès de “manœuvre anti-démocratique. » Aux
États-Unis, des personnalités proches de Donald Trump ont également commenté
l’affaire, affirmant qu’elle relevait d’une « chasse aux sorcières » similaire à celle qu’aurait
subie l’ex-président américain.

Une position ambiguë du gouvernement français

En France, c’est le Premier ministre qui a émis des doutes sur la sentence d’inéligibilité.
En effet, il a déclaré que cette décision « posait question » et qu’il était nécessaire de
« s’assurer que la justice ne soit pas perçue comme un acteur du jeu politique. » Une
déclaration qui sème le trouble et alimente l’idée d’une condamnation aux motivations
discutables. En ne légitimant pas assurément la décision de la justice, l’exécutif
contribue lui-même à éroder la confiance dans les institutions et remet en cause
l’impartialité du pouvoir judiciaire.

Un candidat à la présidentielle se doit d’être exemplaire

La présidence de la République n’est pas une fonction comme les autres. Elle exige une
probité et une rigueur exemplaires. Ce n’est pas seulement une question d’image, mais
un principe fondamental : comment exiger des citoyens le respect des lois si ceux qui
aspirent à la plus haute fonction de l’État se permettent de les contourner ?
Le cas de Marine Le Pen illustre à quel point certains responsables politiques tentent de
banaliser des pratiques condamnables. En cherchant à détourner l’attention de sa
condamnation par des accusations contre la justice, elle refuse de rendre des comptes.
Cette stratégie n’est pas sans rappeler d’autres leaders populistes qui, face à des
poursuites judiciaires, choisissent de discréditer l’institution plutôt que de s’y soumettre.
De plus, cette posture est en totale contradiction avec la ligne historique du
Rassemblement National, qui s’est toujours posé en fervent défenseur d’une justice
implacable et d’un État fort. Pendant des années, Marine Le Pen et ses alliés ont plaidé
pour un durcissement des peines, un soutien accru aux forces de l’ordre et une fermeté
intransigeante face à la délinquance. Aussi, Marine Le Pen a souvent défendu l’idée que
tout candidat à l’élection présidentielle devrait avoir un casier judiciaire vierge. Or,
aujourd’hui, lorsqu’elle est elle-même confrontée à la justice, elle la critique et la remet en
cause. Une hypocrisie flagrante qui souligne l’opportunisme du discours du
Rassemblement National.

Vers une candidature de Jordan Bardella pour les présidentielles de 2027?

L’homme de 29 ans se voit être le successeur désigné pour se présenter aux prochaines
élections présidentielles. Le président du parti a une grande popularité au sein des
partisans du Rassemblement National, surtout au sein des plus jeunes. Cependant, il doit
encore prouver sa capacité à relever ce défi et à incarner pleinement le rôle de leader
dans un contexte politique tendu.

Une menace pour l’État de droit

L’affaire Marine Le Pen dépasse largement le cadre d’une simple condamnation
judiciaire : elle pose la question de l’attitude des responsables politiques face aux
institutions. En contestant la justice plutôt qu’en assumant ses responsabilités, Marine Le
Pen et ses partisans fragilisent l’État de droit et alimentent un climat de défiance
généralisée.

SOURCES

https://www.rtl.fr/actu/politique/jordan-bardella-grand-favori-pour-succeder-a-marine-le-pen-a-la-tete-du-rn-7900040478

https://www.lexpress.fr/politique/elon-musk-viktor-orban-matteo-salvini-les-soutiens-de-marine-le-pen-se-mobilisent-dans-le-monde-3CG6OIZPSJGHZCHA5RNUUMW4IA

https://atlantico.fr/article/pepite/donald-trump-compare-la-condamnation-de-marine-le-pen-a-ses-propres-affaires-judiciaires

https://lcp.fr/actualites/ineligibilite-de-le-pen-bayrou-soutient-les-juges-mais-renvoie-la-question-de-l

https://www.liberation.fr/politique/ne-pas-avoir-de-condamnation-a-son-casier-judiciaire-est-pour-moi-une-regle-numero-1-quand-jordan-bardella-bouchait-lavenir-parlementaire-de-marine-le-pen-20250401_DYPZKTF6PZFGLKOTNNQJFOLOKY

https://www.letelegramme.fr/politique/proces-du-rn-marine-le-pen-et-huit-eurodeputes-declares-coupables-de-detournement-de-fonds-publics-6789161.php

https://www.francetvinfo.fr/politique/front-national/affaire-des-assistants-fn-au-parlement-europeen/proces-des-assistants-parlementaires-du-fn-cinq-ans-de-prison-dont-trois-avec-sursis-et-cinq-ans-d-ineligibilite-requis-contre-marine-le-pen_6895292.html

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