Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques croissantes et un examen de plus en plus minutieux de l'action extérieure de l'UE, ASDESEL s'est entretenu avec Danilo Della Valle, député européen du parti Gauche et membre de la commission du commerce international, qui travaille également en étroite collaboration avec les commissions des affaires étrangères et des droits de l'homme.
Lors de l’entretien, le député européen Della Valle a réfléchi aux priorités commerciales actuelles, au lien entre le commerce et les droits humains, ainsi qu’à ce qu’il a décrit comme des incohérences persistantes dans la politique étrangère de l’UE.
Mesures commerciales et interdiction du gaz russe
Le député européen Della Valle a souligné les discussions récentes au sein de la Commission du commerce international concernant l’interdiction proposée des importations de gaz russe d’ici 2027. Il a décrit ce dossier comme complexe et a insisté sur l’importance de veiller à ce que de telles mesures n’impactent pas de manière disproportionnée les entreprises et les ménages européens, sans produire de résultats concrets dans la réponse à la guerre de la Russie en Ukraine.
Commerce, droits de l'homme et cloisonnement institutionnel
Concernant les relations entre les comités du commerce et des droits de l'homme, il a reconnu que la coopération demeurait limitée. Il a toutefois souligné la nécessité d'une coordination renforcée, notamment dans les contextes où les instruments économiques ont une incidence directe sur les droits de l'homme, citant en exemple les relations de l'UE avec l'Égypte et les initiatives de microfinance.
Double standard dans la politique extérieure de l’UE
Le député européen Della Valle a porté un regard critique sur les relations commerciales de l'UE avec les États autoritaires, arguant que l'Union n'a pas encore clairement défini ses véritables objectifs en matière de politique étrangère. Il a averti que les flagrants deux poids, deux mesures – notamment dans les approches divergentes de l'UE à l'égard d'Israël et de la Russie – risquent de nuire à la crédibilité des valeurs européennes sur la scène internationale.
Sahara occidental et relations UE–Maroc
La conversation s'est conclue par une discussion sur l'accord commercial UE-Maroc et le Sahara occidental, suite à une question orale posée à la Commission européenne après les récents arrêts de la Cour de justice. Au moment de l'entretien, aucune réponse n'avait été reçue, ce qui, selon Della Valle, témoigne de la sensibilité politique du sujet et de la position économique privilégiée du Maroc dans ses relations avec l'UE.
ASSEDEL, basé à Strasbourg et engagé dans la promotion des droits de l'homme et des valeurs européennes, continue de suivre et d'éclairer les évolutions qui façonnent l'avenir de la démocratie européenne et des relations internationales.
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